Le syndrome de l’imposteur — quand la réussite ne suffit pas à se sentir légitime
Le “syndrome de l’imposteur” (ou phénomène de l’imposteur) désigne un ensemble de pensées et d’émotions dans lesquelles une personne, malgré des compétences réelles, a le sentiment de ne pas mériter ses réussites. Ce phénomène a été décrit par Clance & Imes (1978) dans une étude portant sur des femmes à haute performance, avant d’être largement étudié dans de nombreux contextes.
Quand les faits ne suffisent pas
De nombreuses recherches montrent une discordance entre la performance réelle et l’auto-évaluation : les personnes concernées ont tendance à percevoir leurs succès comme accidentels ou immérités, indépendamment de leurs compétences.
Des travaux plus récents, notamment une revue systématique de Bravata et al. (2019), confirment que ces ressentis ne reflètent pas la compétence objective.
Manifestations fréquentes
Dans la littérature scientifique, le syndrome de l’imposteur s’exprime typiquement par :
- la minimisation des réussites (Clance, 1985)
- des doutes persistants malgré des performances élevées
- un perfectionnisme accru (Ferrari & Thompson, 2006)
- une auto-critique exacerbée
- la peur d’être “exposé” comme incompétent (Vergauwe et al., 2015)
- une hésitation à saisir des opportunités ou un surinvestissement pour “compenser”.
Pourquoi cette impression apparaît-elle ?
Plusieurs facteurs sont identifiés :
- Contexte exigeant : les environnements compétitifs ou très performatifs augmentent les risques (Neureiter & Traut-Mattausch, 2016).
- Exigences internes : le perfectionnisme et l’auto-exigence sont fortement corrélés à ce phénomène.
- Transitions ou changements : nouvelle fonction, expatriation, promotion, reconversion ce sont les étapes qui augmentent les doutes.
- Sentiment de minorité ou de décalage : plusieurs études montrent que le sentiment d’appartenir à un groupe minoritaire dans un milieu donné peut intensifier l’auto-doute.
Conséquences possibles
L’imposture perçue n’est pas anodine. Les travaux de Bravata et al. (2019) et d’autres auteurs montrent des associations fréquentes avec :
- un stress accru
- une anxiété plus élevée
- une insatisfaction professionnelle
- une fatigue émotionnelle, voire un risque d’épuisement
- une réduction des initiatives professionnelles, ou à l’inverse une sur-performance
Ce n’est donc pas un simple manque de confiance ponctuel, mais une dynamique psychique qui peut impacter durablement le bien-être.
Comprendre pour se réapproprier sa légitimité
Les études indiquent que les pistes suivantes sont utiles :
- reconnaître et nommer le phénomène (Clance, 1985)
- mettre en perspective les attentes internes avec des critères plus réalistes
- analyser l’écart entre performance réelle et ressenti
- réintégrer les réussites dans une histoire cohérente
- parler du phénomène dans un cadre sécurisé, ce qui réduit l’isolement et la honte (Harvey & Katz, 1985)
Retrouver un sentiment de légitimité est un processus, pas une injonction à “avoir confiance”.
Vous vous reconnaissez dans cette description ?
Si vous sentez que cela vous concerne, si ces doutes prennent de la place dans votre quotidien ou vous retiennent dans votre parcours, il peut être utile d’en parler.
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