La sidération: Vous vous sentez figé·e face aux événements ?

Il arrive que face à des situations stressantes ou accablantes, le corps et l’esprit se mettent en pause. C’est ce qu’on appelle la sidération : un état où l’on ne peut ni fuir, ni réagir, ni agir.
Ce blocage peut s’installer insidieusement dans le quotidien : difficulté à se concentrer, procrastination, épuisement émotionnel, sensation de regarder sa vie à distance…

Ce n’est pas une faiblesse. C’est une réponse de protection. Mais on peut en sortir.

La sidération, selon Henri Laborit (1981), est un concept central de sa réflexion sur le comportement humain, en particulier dans des situations de stress ou de danger. Laborit était un neurobiologiste et médecin français, connu pour ses travaux sur le stress, l'inhibition de l'action et la biologie du comportement.

Définition de la sidération selon Laborit :

La sidération est un état de blocage total de l'action face à un danger ou une situation perçue comme insurmontable. Lorsqu’un individu est confronté à une menace mais ne peut ni fuir ni se battre, il entre dans un état d’inhibition de l’action, une forme de paralysie psychique et physiologique.

Trois réponses possibles au stress, selon Laborit :

  1. La fuite : réaction face à un danger évitable.

  2. La lutte : affrontement du danger.

  3. La sidération : survient quand ni la fuite ni la lutte ne sont possibles.

Conséquences :

  • Accumulation de stress non évacué.

  • Risques de troubles comme l’anxiété, la dépression etc.

  • Mécanismes de défense psychiques ou somatiques.

Exemple concret :

Un enfant victime de violence familiale peut entrer en sidération s’il ne peut ni s’échapper (fuir), ni se défendre (lutter). Il reste alors figé, passif, et peut développer des troubles graves si cet état perdure.

Sidération et société chez Laborit : une critique des structures sociales

Laborit explique que la sidération n’est pas seulement une réaction individuelle face à un danger immédiat. Elle devient un phénomène social quand les individus sont placés dans des structures hiérarchiques rigidesl’action libre est empêchée.

Exemple : Le salarié dans l’entreprise

Un employé soumis à une hiérarchie stricte, à des injonctions contradictoires, sans possibilité de décider, fuir ou contester, peut entrer en sidération. Il se soumet, inhibe ses pulsions d’action, et s’abîme dans une passivité résignée, voire dans la maladie.

Laborit affirme que l’inhibition de l’action est la source principale des maladies psychosomatiques modernes.

La société comme machine à inhiber l’action

Selon lui, nos sociétés :

  • valorisent l’obéissance et la hiérarchie,

  • punissent ou empêchent l’expression libre,

  • entretiennent l’illusion du libre arbitre alors que l’action est en fait conditionnée ou interdite.

Ce climat mène à une société de sidérés : des gens qui, incapables d’agir sur leur destin, se replient, dépriment ou explosent de manière irrationnelle (violence, addiction…).

L’éloge de la fuite : une issue ?

Pour Laborit, la fuite n’est pas une lâcheté, mais une stratégie de survie face à un système qui empêche d’agir.

Il prône :

  • la connaissance de soi,

  • l’analyse des mécanismes de domination,

  • l’éducation à la liberté de penser,

  • et parfois, la fuite créative : changer de cadre, de métier, de mode de vie.

Comment sortir de la sidération ?

Voici quelques pistes pour (re)trouver du mouvement dans ce qui semble figé :

1. Reconnaître ce que vous vivez

Accepter que cet état est une réponse normale à une situation anormale. Il ne s’agit pas d’une faiblesse, mais d’un réflexe de survie.

2. Mettre des mots

Par l’écriture, la parole ou la thérapie : nommer ce qui bloque est souvent le premier pas vers le déblocage.

3. Reprendre le contrôle par de petits choix

Même minimes : changer une habitude, faire un pas de côté, affirmer un besoin.

4. S’autoriser à être accompagné·e

Un espace thérapeutique peut permettre de relâcher la tension accumulée, de retrouver de la clarté et de l’élan.

Vous avez du mal à agir, à prendre des décisions ou à retrouver votre élan ?

Je suis psychologue diplômée en Suisse et je vous accompagne pour :

  • retrouver un équilibre émotionnel,

  • sortir de la sensation de blocage ou de surcharge,

  • reprendre confiance en vos capacités d'action.

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La sidération: Vous vous sentez figé·e face aux événements ?
Psychologue FSP à Genève – Daria Grigoryeva-Reverdin

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